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Un peu d'histoire

200 ans de bibliothèque universitaire

Lors de sa fondation en 1817, l’Université de Liège s’implante sur l’Isle al hochet dans l’ancien collège des jésuites wallons. On possède peu d’informations sur les infrastructures de la bibliothèque lors de la création de l’Université. Les collections sont installées dans l’ancienne bibliothèque du collège, qui est pourvue à cette occasion d’un nouveau mobilier. Malgré plusieurs campagnes de travaux et de réaménagements, ce bâtiment subsiste encore et la Bibliothèque ALPHA l’occupe toujours près de deux cents ans plus tard. Lors de la création de l’Université de Liège, la Ville de Liège cède à la jeune université les livres de sa bibliothèque publique, soit près de 7.000 volumes. A ce fonds initial s’ajoutent rapidement le fonds de l'abbaye d'Averbode (près de 8.000 volumes) et 150 manuscrits précieux de l'abbaye de Saint-Trond.

Extension de la bibliothèque originelle au 19e siècle

Salle de conservation des documents, localisée à l'actuel emplacement de la salle de lecture principale.

Très peu de temps après l’installation de l’Université dans l’ancien couvent, d’importants travaux sont décidés. Vers 1820, Jean-Noël Chevron, chargé de l’aménagement de la nouvelle université, dresse les plans de nouveaux bâtiments. L’aile de la bibliothèque est agrandie par l’ajout de quatre travées aux travées existantes et d'un amphithéâtre destiné aux leçons d’anatomie.

Dès 1835, suite à l’augmentation de la population estudiantine et des collections, de nouveaux travaux s’avèrent nécessaires. Le réaménagement et la construction de nouveaux bâtiments sont cette fois confiés à Julien-Étienne Rémont. Il conserve les travées ajoutées par Chevron au bâtiment des jésuites et fait détruire l’amphithéâtre de médecine. Rémont complète l’aile dans le même style que la construction du XVIIIe siècle et de manière parfaitement symétrique. À cette époque, le rez de-chaussée du bâtiment est occupé par des auditoires de philosophie, de droit, de médecine et par le musée de Botanique dans la partie centrale du bâtiment de la Faculté de médecine.

Ces aménagements permettent alors d’augmenter considérablement la superficie de la bibliothèque, qui occupe désormais tout le premier étage. On y aménage trois grandes salles décorées, reliées entre elles par des arcades à colonnes corinthiennes et surhaussées de voûtes ornées de caissons.

Coupe axonométrique du bâtiment publiée dans le Liber Memorialis, 1869.

La coupe axonométrique du bâtiment et les plans publiés dans le Liber memorialis de 1869 permettent de localiser les services de la bibliothèque et donne une idée des aménagements de 1836. Ils montrent également ses extensions, entre 1842 et 1869, dans le bâtiment de la place Cockerill, où se trouvent le cabinet des musiques et une salle avec six colonnes. Le bureau du bibliothécaire en chef et la salle de lecture sont localisés dans l’aile Paquay Barbière. À cette époque, les collections de la bibliothèque sont à nouveau à l’étroit. Quelques années auparavant, Fiess avait fait aménager l’ancien cabinet de lecture au-dessus de l’amphithéâtre pour y conserver une partie des collections (les manuscrits, les partitions, les gravures et le cabinet des médailles), mais ces espaces sont déjà saturés lorsque Leroy rédige le Liber memorialis en 1869. La situation semble rester en l’état jusqu’au début du XXe siècle. En 1903, le legs par Adrien Wittert de ses collections à l’Université va accroître de manière considérable les fonds de la bibliothèque. Quelque vingt mille ouvrages, dont des manuscrits, des incunables et de nombreux d’imprimés anciens viennent enrichir les collections, s’y ajoute un fonds de dessins et d’estampes remarquables, des objets d’art et une cinquantaine de tableaux. Ce legs inespéré va vite se révéler problématique. Dès 1904, le catalogage des livres est interrompu par manque de place dans les salles.

Attendra-t-on qu’elle s’écroule ?

Maquette du projet de bibliothèque, 1938.

En ce début de vingtième siècle, la bibliothèque s'étend au rez-de-chaussée du bâtiment avec la création d'une salle de lecture pour les professeurs (l'actuelle salle Marie Delcourt) et la création de la salle Wittert. La bibliothèque continue de se développer dans ces installations jusqu’au début des années 1930. En 1932, la surcharge du magasin du premier étage de la place Cockerill entraîne l’évacuation des collections et des services qui s’y trouvent. Très vite, c'est également le bâtiment central qui manque de s'écrouler sous le poids de la documentation. La construction d'une nouvelle bibliothèque est alors décidée et les travaux débutent par la démolition du bâtiment de la place Cockerill. Après plusieurs péripéties, le projet (voir ill.) sera abandonné au lendemain de la seconde guerre mondiale. Au lendemain de la guerre, une évaluation de la situation est faite. En ces temps difficiles, l’objectif est de rendre le bâtiment exploitable le plus vite possible. Une campagne de rénovation des bâtiments est rapidement entreprise et les nouveaux locaux sont inaugurés en 1949.

Réouverture après la seconde guerre mondiale

Salle de travail aménagée au rez-de-chaussée du bâtiment en 1949.

Si la distribution du rez-de-chaussée reste inchangée, ces travaux sonnent par contre le glas des grandes salles du XIXe siècle. Celles-ci sont remplacées par deux niveaux de magasin équipés de meubles en acier. Un entresol réservé aux bureaux et une cage d’escaliers sont également construits. Les magasins prévus sont malheureusement insuffisants et une partie importante des collections restera stockée en attente de jours meilleurs dans des baraquements militaires situés dans la cour centrale. Une seconde campagne d’aménagement du bâtiment a lieu en 1969 : une nouvelle salle de lecture est installée à la place du premier niveau de magasin. Elle représente un progrès et apporte un confort certain. La salle de lecture du rez-de-chaussée est pour sa part transformée en salle des périodiques. C’est aussi à cette époque que la salle Wittert est détruite lors de l’installation d’un des premiers ordinateurs de l’institution. Entre-temps, une solution a été trouvée pour les collections stockées dans les baraques de la cour : la construction d’un bâtiment qui servirait provisoirement d’annexe à la Bibliothèque de l’université, dans l’attente de la construction d’une nouvelle grande bibliothèque sur le site du Sart-Tilman.

Bibliothèque générale et unités de documentation

Durant longtemps, la « Bibliothèque générale » fut la seule véritable bibliothèque officielle de l'Université. Cependant, dès la fin du XIXe siècle, en raison de la dispersion des instituts universitaires au sein de la ville et de la spécialisation croissante des domaines de connaissance, certains services et facultés commencèrent à développer leurs propres bibliothèques. La décision, en 1954, d’implanter l’ensemble de l’Université au Sart-Tilman a conduit en 1956 cette dernière à une modification radicale de son paysage documentaire en optant pour la création d’ « Unités de documentation » spécialisées (U.D.), proches des utilisateurs et donc liées aux facultés ou aux services. Quant à la « Bibliothèque générale », rebaptisée en 1988 « Centre d’Information et de Conservation des Bibliothèques » (C.I.C.B.), elle perd ses attributions de bibliothèque universelle et restreint ses acquisitions à la documentation générale, ainsi qu'aux domaines historiques, littéraires et philosophiques, afin de répondre aux besoins documentaires des services qui n’ont pas encore migré au Sart-Tilman.

Un Réseau pour les rassembler tous

Face à l’évolution radicale de l’accès à l’information et des besoins des usagers, liée à l’irruption du numérique, l’ULiège décide en 2003 de moderniser ses bibliothèques et de les réorganiser en profondeur de manière à leur permettre d’assumer avec plus d’efficacité leurs nouvelles missions. Elle ramène leur nombre de plus d'une vingtaine d’Unités de documentation ou bibliothèques à 4 grandes entités : la Bibliothèque Générale de Philosophie et Lettres (BGPhL, désormais ALPHA), la Bibliothèque de Droit, Économie Gestion et Sciences sociales L. Graulich, la Bibliothèque des Sciences et Techniques (BST) et la Bibliothèque des Sciences de la Vie (BSV). Outre une nécessaire modernisation et le développement de la bibliothèque électronique, cette restructuration visait à améliorer et élargir le service aux usagers ainsi qu’à mieux coordonner les politiques d’acquisition.

 

Sources :

 

Projets et collaborations

Projet Pep's 2015 : numérisation de chroniques liégeoises, médiévales et modernes

Le Réseau des Bibliothèques ULiège collabore à nouveau cette année avec la délégation Pep's de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre d'un projet de numérisation. Ce projet vise cette fois 24 chroniques (pour 66 volumes), rédigées dans la Principauté de Liège, entre le 11e et le 18e siècle. Les chroniques sélectionnées sont les oeuvres d’auteurs tels qu’Anselme, Fisen, Hinnisdael, Van den Bergh, Foullon ou Devaulx.

Contact: Stéphanie Simon